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SOUS LA JUPE DES FILLES

…LA DERNIÈRE HEURE N’EST JAMAIS ÉCRITE (‘Ultima Latet’)

 

Projet en partenariat avec la Paperie, Centre National des Arts de la Rue.

 

‘Des routes qui ne mènent nulle part…’  mais qui nous ont amenées avec Séverine Bruneton, artiste plasticienne, à rencontrer un territoire, et à tisser un lien artistique entre 3 communes de la communauté de communes de Loire-Aubance : Saint-Sulpice-sur-Loire, Saint-Saturnin-sur-Loire, et Charcé-Saint-Ellier-sur-Aubance.
Entre rencontres itinérantes et ateliers d’écriture, nous sont parties en quête de mots pour raconter le territoire, en les scénarisant dans des lieux inattendus du patrimoine, ou en les mettant en mouvement avec l’aide des habitants.

Une première semaine d’immersion en juin 2015, nous a tout d’abord permis de faire connaissance avec les  habitants, au grès de nos déambulations entre les 3 communes, et par le biais de différents dispositifs relationnels que nous avons imaginés pour collecter paroles, histoires, et morceaux de vie quotidienne…
C’est à partir de cette récolte que nous avons commencé à écrire une histoire commune à ces 3 territoires.
Pendant notre deuxième temps de résidence, en septembre 2015, nous avons mis en scène dans l’espace, une sélection de mots collectés, afin de valoriser des lieux insolites du patrimoine local :  Tout au long du week-end du patrimoine, nous nous sommes installées sur chacun des lieux choisis, pour y inviter les visiteurs à sublimer et décaler leur regard sur ces lieux, au travers un travail d’écriture in situ, et d’une mise en récit s’alimentant de témoignages réels.
La mise en espace du mot ‘SUR’ (commun aux trois communes), dans trois lieux patrimoniaux, a servi de support à trois ateliers d’écriture pendant lesquels les visiteurs étaient invités à s’inspirer du contexte et de paroles d’habitants collectées en amont, et diffusées sur enceinte, afin de sublimer l’histoire des ces lieux sous forme fictionnelle, poétique ou philosophique.
1/ Dans la carrière de Falun de Saint-Saturnin-Sur-Loire, nous avons créé des Haïkus (poèmes courts japonais), en cadavre exquis (chacun complètant la phrase de son voisin en se passant l’ardoise), devant un grillage de barbelé, autour des mots ‘SUR’ (écrit en palettes de bois au fond de la carrière) et ‘LIGNE’ (celle-ci était matérialisée par une ligne de plâtre tracée au sol, afin d’évoquer la ligne de Falun).
2/ Au Lavoir de la Saint-Frère, à Charcé-Saint-Ellier-Sur-Aubance, pendant 3 heures d’affilé, et les pieds dans l’eau, nous avons composée une histoire sur le vif avec les visiteurs présents, à partir de l’expression Blanc sur rouge rien ne bouge, rouge sur blanc tout fout le camp‘.
3/ Près du Moulin à eau, à Saint-Sulpice-Sur-Loire, à partir de la métaphores des ‘herbes folles’, nous avons interrogé les habitants sur un sujet qui fait polémique dans la commune : « Prendre la nature ou se laisser surprendre par la nature ? », ce qui a donné naissance à un texte : « Comment sème t’on la Zizanie ? »
L’écriture ‘en cadavre exquis’ de l’histoire, s’est poursuivie pendant la troisième semaine de résidence pendant laquelle nous avons cherché à mettre en mouvement les mots des habitants.
Nous avons ainsi fait participer les élèves de l’école primaire publique de Saint-Saturnin-sur-Loire, autour de la mise en mouvement des mots ‘sur, et ‘ligne’.
Nous avons également travaillé avec l’atelier de Langue Des Signes Française, de l’association Bien-être CHarcé-Saint-Ellier, en leur demandant de traduire la phrase avec laquelle nous avons choisi d’animer les murs des anciennes serres, lors de notre restitution finale : « Si je savais où j’allais, je crois bien que je n’irais plus ».
En octobre 2015, notre résidence s’est achevée par une restitution finale, dans un  lieu du patrimoine partagé par ces 3 communes: les anciennes serres Prouteau, nouvel espace technique de la communauté de commune.
Après avoir collecté les mots, les avoir mis en espace, et les avoir fait bouger avec les habitants, nous avons finalement joué à les croiser : une grille toute spécialement conçue pour l’occasion à partir de définitions caractéristiques de chaque commune, fut l’ultime occasion durant ces deux jours de restitution, d’unir nos foulée, avant que la grille ne s’envole vers un horizon commun.